Zoom no30 juin 2008
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A propos de toxicomanie en région lausannoise ÉditorialParole aux usagers de droguesLes professionnels vaudois du champ des addictions se sont réunis en mars de cette année pour des Assises de la toxicomanie, organisées par la Ville de Lausanne. Ils ont échangé leurs points de vue, afin de dégager des pistes qui permettraient de perfectionner la palette des offres du dispositif actuel. Renforcer l’interdisciplinarité et la connaissance réciproque ont été mentionnés comme mesures essentielles pour améliorer la prise en charge des personnes toxicodépendantes. Parole à…Anne-Christine, Catherine, Alain, Jean-Claude, M., Raphael, Reynald, Claude, Thierry, RodolpheInterviewés par Rachèle Féret et Isabelle Weigand Rel'ier – Vous savez sûrement que votre présence à la Riponne dérange, on peut le lire régulièrement dans la presse. Qu’est-ce que vous en pensez ? Oui, je comprends que l’on trouve que l’on dérange. On fait du bruit, des dégâts, les toilettes sont crades. Et on peut faire peur, on a des chiens. Mais la Riponne est sûre, s’il y a de la violence, des bagarres, c’est toujours entre nous, on n’a jamais agressé quelqu’un. A Lausanne, il y a des endroits plus dangereux, les sorties de boites à 3h du matin au Flon par exemple. Quand j’étais plus jeune, j’avais peur de passer à St-Laurent où se réunissaient les toxicomanes. Ils me faisaient peur. Maintenant je trouve que St- Laurent, était plus cool, plus familial. Ici, sur la place, je n’ai pas vraiment d’ami, il y a du bruit, des bagarres, ça gueule, des chiens. Mais on ne peut pas virer les toxicomanes d’ici. Il n’y a pas de meilleur endroit pour eux. Moi, je ne trouve pas que les toxicomanes sur la place dérangent. Ils ramassent ce qui traîne, et si chacun y met du sien, ça va très bien. On n’agresse pas les passants, s’il y a de la violence, c’est entre nous. C’est vrai que certains sont bruyants mais ils n’ont pas d’autres moyens de s’exprimer que de gueuler, mais en fait ils ne sont pas méchants. Quand il pleut, on se met tous devant l’entrée du parking, il y a beaucoup de monde et je comprends que l’on dérange. Mais on fait peur, car on dit de nous que l’on fait peur. Oui c’est vrai, mais pour quelques-uns seulement. Les gens généralisent. Je peux le comprendre, car cela donne une mauvaise image du canton et de la société en général. Rel'ier – Est-ce que vous aussi vous trouvez qu’il y a plus de violence ? Je trouve que c’est moins violent qu’avant, il y a plus de policiers. C’est surtout les jeunes qui viennent et qui font n’importe quoi, qui sont violents. En fait, ce n’est pas dangereux du tout ici. On existe, il faut nous reconnaître. En effet, il y en a un peu plus, cela est dû à l’alcool en grande partie, les médicaments aussi. Et puis les étrangers qui ne connaissent rien au monde de la toxicomanie et font n’importe quoi, n’importe comment et n’importe où. Non, même s’il y a plus de chiens, mais ici sur la place, c’est bien, c’est grand, on a de la place. Et la fontaine c’est pratique quand il fait chaud. Rel'ier – Que faudrait-il changer pour moins déranger ? Cela dépend de nous, c’est à nous de faire attention, de nettoyer les toilettes ou ramasser nos déchets par exemple. En Suisse allemande, il n’y a pas plus de toxicomanes dans les rues depuis qu’il y a des locaux de consommation et des bistrots pour les marginaux. C’est à nous de donner une image positive. A ce moment, un adolescent vient pour demander du cannabis, la réaction de nos interlocuteurs est immédiate : « Tu as vu l’âge que tu as ? Tu ne trouve pas que tu es un peu jeune pour çà ? Tu sais dans quel monde tu mets les pieds ? » Je pense que le problème de la Riponne, c’est que des jeunes viennent chercher du cannabis. Nous on les chasse mais ils reviennent. Il faut absolument faire de la prévention auprès des jeunes, discuter avec eux et les aider si ça ne va pas. Ce serait bien qu’il y ait des coffee shop où l’on peut acheter du cannabis, parce que des jeunes viennent ici en acheter et ce n’est pas une bonne idée parce que peut-être un jour, ils achèteront autre chose que du cannabis. La drogue, elle est partout, et on trouve des produits de plus en plus dangereux qui sont consommés par des personnes de plus en plus jeunes. Il faut faire attention aux jeunes. Si on leur donne des bons messages dès le départ, y a des chances pour qu’ils ne tombent pas. On a le réflexe médicament dans notre société, de plus en plus jeune on donne des médicaments pour tout et surtout pour ne pas avoir mal. Alors c’est une habitude pour les jeunes de consommer des médicaments pour tout résoudre. On trouve de tout au marché noir. Le problème de l’alcool est pire que celui de la drogue, surtout chez les jeunes. Il faut faire quelque chose. Rel'ier – La ville de Lausanne envisage d’ouvrir un bistrot social. Est-ce que vous pensez que c’est une bonne idée ? Les gens sont très différents, c’est impossible de trouver un lieu où les marginaux se retrouveraient tous car ils n’ont pas les mêmes besoins, les mêmes envies. On ne trouvera pas un endroit parfait, car il y a trop de différences entre les gens. Il y a des gens qui vont bien et d’autres pas. Il y en a qui consomment, d’autres qui arrêtent, d’autres qui rechutent et qui reviennent à la rue. En fait, je pense que c’est bien surtout pour les jeunes ou les personnes qui sont malades ou qui ne vont pas bien, car on pourra s’occuper d’eux comme il faut. C’est une bonne idée, pour essayer de sortir de tout ça, rencontrer des personnes qui vous aident, et trouver la motivation pour faire quelque chose d’autre que rester sur la place toute la journée. Pour que ça marche, il faut qu’il soit au centre ville. Proche de tout, des autres structures où l’on va. Son but doit être de repérer ceux qui vont mal et de les aider. Surtout les jeunes. Il faut inciter le dialogue avec ceux qui vont mal. Mais pour cela, il faut de la patience. Je pense que c’est utile. Il y a déjà le Passage et c’est bien des endroits comme ça. Le mélange des personnes, c’est parfois difficile. Et ça n’empêchera pas les gens de venir ici, à la Riponne. Moi je trouve que c’est une bonne idée. Mais il faut que ce soit bien situé, au centre de la ville. Oui, c’est une bonne solution, je suis très favorable à l’ouverture d’un bistrot social. C’est le bon endroit pour faire des démarches, manger, être soutenu, encadré. C’est un bon plan mais seulement si c’est ouvert 7 jours / 7, avec des règles assez strictes. Bien géré cela peut être bien, surtout pour les jeunes. Pour la population aussi, ce sera plus caché. Rel'ier – Vous y rendrez-vous ? J’irai là-bas parce que traîner ici toute la journée c’est nul. Moi, j’aime être dehors, alors j’irai plutôt en hiver. On a le Passage et la Terrasse c’est bien comme endroits. J’ai un gros chien, je n’y serai pas tranquille ! Je n’irai pas forcément parce que je suis plutôt un solitaire, mais j’irai quand j’ai une demande. Rel'ier – Comment occupez-vous votre temps ? Quels sont vos projets pour ces prochains mois ? J’ai plein de projets. Trouver un petit job, actuellement je travaille grâce à Macadam Services et je fais du bénévolat à la Soupe. Je fais du sport, des arts martiaux, et de la thérapie par le cheval. Je veux poursuivre ce que j’ai commencé. J’ai décidé d’aller faire une cure de désintoxication. J’ai des projets réalistes en ce moment. Diminuer ma consommation et déménager hors de Lausanne. Je veux m’occuper plus de mon corps et trouver un meilleur équilibre dans ma vie. Renouer avec la nature. Moi, je travaille, j’ai une vie très stable, j’ai des loisirs. J’ai pas mal de projets mais ce n’est pas le moment, je ne suis pas assez bien pour les réaliser. Il faudrait que je quitte Lausanne et la zone. Je trouve que les activités occupationnelles sont une bonne aide pour s’en sortir. J’aimerais faire table rase, arriver à ne plus fréquenter la Riponne, trouver des activités occupationnelles mais en dehors du milieu. Je voudrais rester en Suisse, trouver un travail, un suivi auprès des professionnels. Rel'ier – Qu’est-ce que vous faites quand vous n’êtes pas ici ? Je vais dans les structures pour toxicomanes : le Passage, Sport’ Ouverte, la Soupe. Moi, je viens rarement ici, je travaille. Je reste chez moi ou je vais voir des amis. Rel'ier – Quels sont les endroits où vous vous sentez bien accueillis, où vous êtes bien ? C’est chez moi, j’ai trouvé un appartement et je me suis fait un nouveau groupe d’amis. Chez moi dans mon appartement, et ici, pour voir du monde. C’est ici que je suis bien, dehors en tout cas. Je n’aime pas les bistrots, je préfère être dehors. C’est ici à la Riponne que je me sens bien. C’est le moins pire des endroits où on pourrait aller. Bof ! Je ne sais pas. On y est bien quand il fait beau, sur cette place. On n’a pas demandé à venir là. Et maintenant on ne peut pas nous virer, la police n’en a pas le droit. De toute façon, on reviendra. Moi, j’ai fréquenté tous les bistrots populaires lausannois et je m’y sentais bien accueilli. Malheureusement, les bistrots qui acceptaient de servir les personnes toxicomanes ont tous fermé les uns après les autres. Il y en a eu une dizaine environ. C’est la fermeture de ces bistrots qui a créé le groupe de personnes qui zone dans la rue. D’abord à St-Laurent, puis à la Riponne. Il faut être réaliste, on n’a pas envie de se retrouver à l’extérieur de la ville. Cela nous plait d’être visible. Agenda30 juin États généraux de la toxicodépendance à Lausanne Formations GREA 1er, 29 et 30 septembre Prévention dans les foyers pour adolescents. Initiation au programme Gouvernail . 8 septembre Travail social de proximité et société aujourd’hui : construire avec le politique un métier en pleine évolution. LecturesToxicomanie dans le canton de Vaud : cinquième période d'évaluation 2004-2006 Prévention de la rechute. Stratégies de maintien en thérapie des conduites addictives Adresses utilesLe répertoire Problèmes de toxicodépendance : où s’adresser dans le canton de Vaud ? Infos réseauOuverture du site : www.alcotool.ch
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Plaquette "Liquides biologiques"
Plaquette "Présentation du travail social de proximité dans le canton de Vaud"
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